Il n’est pas mort; il est au milieu de la poudre,
Debout, comme une mèche ardente. Pablo Neruda.
“Camarades: ma plus grande satisfaction, pour cet anniversaire, c’est de les voir engagés de tout cœur dans une lutte constante pour les changements pour lesquels de nombreux combattants ont offert leur vie, motivés par la grande cause de la paix avec justice sociale et souveraineté. Je suis sûr qu’avec l’apport de chacun de vous, toujours soutenus par les mases, le triomphe sera notre, plus tôt qu’on ne le croit possible. », C’est la voix vivante du commandant Manuel qui perdure dans ses combattants et le peuple qu’il a aimé, irradiant sa confiance en signalant le chemin.
60 ans de rébellion contre un régime injuste,...
...de lutte conséquente pour la paix et la justice sociale, 60 ans de combat et de construction de la victoire populaire, ne pouvaient pas mourir avec la disparition physique d’un homme. Manuel Marulanda Vélez a laissé derrière lui, dans la nuit de Colombie, l’empreinte fulgurante de la résistance à l’oppression. Sans aucun doute, son rêve ne rencontrera le repos que quand il sera sûr que le peuple ait obtenu la victoire.
Evoquer l’épopée de Manuel, dans ce troisième anniversaire de son départ, c’est provoquer le choc des souvenirs qui déboulent de tous les flancs – comme sa tactique invincible – pour nous parler de l’altruisme du héro légendaire.
Pedro Antonio Marin (1930-2008) est né pour l’histoire comme Manuel Marulanda Vélez dans l’école politique d’El Davis, en 1953. Son nom de guerre fut un hommage politique mérité au reconnu dirigeant syndical communiste, Manuel Marulanda Vélez, battu a mort dans les fosses du service d’intelligence colombien (SIC) pour sa conséquente défense du peuple travailleur et pour ses déclarations contre l’utilisation des soldats colombiens dans la guerre de Corée, comme des pions jetables de la géopolitique du gouvernement de Washington.
Depuis l’assassina du caudillo libéral Jorge Eliécer Gaitán, en avril 1948, Manuel Marulanda transcende comme symbole de résistance et comme le commandant de l’espérance d’un pays qui a toujours rêvé de vivre dignement. Gaitán disait dans ses discours sur des places publiques comblées que « La faim n’a pas de couleur politique ; elle n’est ni libérale, ni conservatrice/ En Colombie il existe une ploutocratie libérale-conservatrice qui asphyxie le peuple/ Le pays politique ne peut soumettre au pays national/ Le peuple est supérieur a ses dirigeants/ Mon peuple : pour la restauration morale de la république ! A la charge ! » Pour ce discours subversif, Gaitán fut assassiné par la CIA et l’oligarchie colombienne. De quelque manière, ces idées avaient incendiées la flamme de la rébellion dans l’âme du jeune Manuel, feu qui, uni plus tard a idéal communiste, l’a converti en guerrier invincible de la cause du peuple.
Depuis l’aube de sa personnalité, le prestige fut l’une de ses plus fulgurantes qualités. Son entourage lui reconnaissait un extraordinaire don de dirigeant. C’est pour cela que ses cousins (les Marín), en Génova Quindío, attendent l’arrivé du jeune homme de 18 ans pour le faire chef de la résistance armée. Après l’assassina de Gaitán, la dictature conservatrice de Mariano Ospina y Laureano Gómez a donné libre cours au terrorisme d’Etat contre le peuple qui s’était soulevé face au régime, pour le suffoquer et le soumettre. Des villages entiers, des paysans de régions entières, fuyaient les massacres, les incendies, et le vol de leurs propriétés. C’était le commencement de l’obscurité qui saisît tout un chapitre de l’histoire de la Colombie, connu comme époque de la violence bipartidiste. Le sol de Colombie fut submergé par le sang de 300 mil ses enfants et encore plus furent placés devant l’impératif du déplacement forcé.
Manuel Marulanda se fait commandant guérillero, comme la réponse a la nécessité de résistance du peuple á la violence terroriste de l’Etat. Quand dans le Quindío, s’épuisent les conditions pour l’action du mouvement armé, Manuel translate dans le sur du Tolima le scenario de sa lutte, en combattant initialement dans la guérilla libérale des Loaiza, dans laquelle il gagne ascendance pour sa détermination et sa sagacité. Là-bas il rencontre son âme jumelle dans la lutte, le grand Jacobo Prias Alape (Charro Negro). C’est dans cette même zone qu’il entre en contacte avec la guérilla communiste. La cause politique et la discipline de ce mouvement le captivent. En 1953, dans le détachement du Davis, au bord du Cambrín, il se fait communiste. Et de là, il part avec Jacobo Prias – les deux communistes – pour la région de Riochiquito a poursuivre la résistance.
Pendant que les guérillas libérales se démobilisent, lors de la dictature du générale Rojas Pinilla, les communistes ne rendent pas les armes. En 1956, dans une conférence de la guérilla réalisée en Marquetalia, Manuel Marulanda Vélez est désigné chef militaire du mouvement, et Jacobo Prias, chef politique. Les deux commandants affrontent les agressions des groupes de libéraux démobilisés, dénommés « propres » (propres d’idéologie communiste) ourdi par les chefs politiques libéraux et conservateurs. Les «propres » s’étaient démobilisés dans leur lutte contre le gouvernement, mais celui-ci leur avait permit de conserver leurs armes à condition qu’ils persécutent les communistes.
Appuyés par les masses,le peuple qui les entourait, Manuel et Charro, affrontent le nouveau défi imposé par le Front National (pactes des oligarques) qui leur exige la démobilisation. Après avoir arraché au gouvernement la promesse de satisfaire leurs demandes politiques, économiques et sociales, sans rendre les armes, le mouvement s’établit a Marquetalia dans l’attente de l’accomplissement des promesses.
Le 11 janvier 1960, Jacobo Prias est assassiné en Gaitania, par les « propres », obéissant les ordres expresses du gouvernement central. Cet assassina est la cause politique du surgissement des FARC en Marquetalia. Plus tard Manuel Marulanda exprimera sa conviction que « Avec le pouvoir du temps, la mort de Charro nous ha menée á une confrontation nationale et á de grandes perspectives de changements ; Et s’il nous est permis, créera toutes les conditions pour prendre le pouvoir. Ce n’est pas toujours que la mort d’un commandant produit un soulèvement armé ; c’est pratiquement un cas unique. De toutes manières, à Marquetalia nous avons pris l’étincelle de la révolution pour de bon, si l’on se fie à ce que l’on voit ».
C’est à partir de Marquetalia que le nom de Manuel se consacre dans l’histoire de Colombie, comme le génuine archétype de la résistance populaire contre la violence terroriste de l’Etat, impulsée par la géopolitique de l’empire, et comme far qui illumine le chemin de la victoire, avec sa stratégie militaire et politique.
Dans le Programme Agraire des Guérilleros et dans les neuf conférences des FARC, sont plamées les empreintes de la construction graduelle d’une alternative politique de pouvoir pour la Colombie, avec une force fondamentale qui ne peut pas être ignorée a l’heure d’assoir collectivement les bases d’une nouvelle société justicière, pacifique, démocratique, bolivarienne qui donne au peuple « la majeur somme de bonheur possible, majeur somme de sécurité social et majeur somme de stabilité politique ».
Le guerrier de la paix
La paix, la solution politique du conflit, sur la base d’un changement radical des injustes structures politiques, économiques et sociales, est le ciment essentiel de la stratégie de la guérilla de Manuel. Il conduisit personnellement toutes les conversations avec les gouvernements, dirigées à ce propos humaniste. C’est ainsi que le registrera l’histoire.
En 1958, depuis son poste de commandement de la jungle, il a instrumenté les représentants de l’insurgence, dirigés par Charro, pour le dialogue avec le gouvernement du Front National. Plus tard, en 1984, au coté de Jacobo Arenas, il commandât la stratégie du dialogue avec le gouvernement de Belisario Betancur. comme résultat de cet effort, fut signé l’accord de La Uribe, il fut pacté avec le gouvernement une trêve bilatérale et les FARC se convertirent en une plateforme de lancement d’un nouveau mouvement politique, l’Union Patriotique. Mais l’Etat, dominé par le bellicisme, jete par-dessus bord l’extraordinaire possibilité de paix ouverte par les accords et opte pour l’extermination physique de l’Union Patriotique, en lâchant la bride des actions paramilitaires institutionnelles. 5000 dirigeants et militants de la UP furent assassinés, entre eux, deux candidats à la présidence et un chapelet de sénateurs, députés, maires, conseillers, dirigeants communistes et communales. Mais ce génocide, l’extermination physique de toute une génération de révolutionnaires pour apaiser la crainte des élites face au mécontentement sociale, ne leur a pas servi. Presque 30 ans après que l’opposition ait été décapité par une oligarchie terroriste soumise à l’empire, aujourd’hui, en Colombie, se réveille et se mobilise la grande cause du peuple, plus vivante que jamais.
En Décembre 1990, L’armée de l’air bombardait Casa Verde sur l’ordre du président César Gaviria, parce que les FARC n’avaient pas accepté son inédite proposition de démobilisation en échange d’une représentation a l’assemblée Nationale Constitutionnelle. En réponse á la traitreuse attaque, le mouvement insurgent déchaine une contendante offensive militaire qui s’étend dans tout le pays. La situation générée oblige le gouvernement á chercher, dans l’urgence et par tous les moyens, le dialogue. Après d’ardues discussions pleines d’incidents politiques, le chapitre des conversations de Caracas y Tlaxcala s’ouvre enfin. De nouveau, Marulanda, avec ses compagnons de la Coordination de Guérillas Simón Bolívar, est face a son obsession: la paix par la voix la moins douloureuse, celle de la solution politique, celle de l’accord national. Mais finalement, comme dit Alfonso Cano, « Les dialogues furent frustrés, parce que le gouvernement avait seulement besoin de prétextes pour intensifier sa guerre intégrale et imposer a feu et a sang l’ouverture économique néolibérale. Dans le contexte de la politique nationale, le gouvernement gaviria était considérablement discrédité par les coupures électriques constantes, son alliance avec le Cartel de Cali et les dénommés « pepes », son pacte avec Pablo Escobar, sa néfaste ouverture économique, le traitement répressif qu’il fît des manifestations populaires, etc., et décidât, pour gagner gouvernabilité, rompre le dialogue ».
En 1999, durant le gouvernement de Pastrana, l’espace des dialogues de paix se déplace à San Vicente del Caguán. Le commandant Manuel, connaisseur comme il y a peu de l’importance de cette bataille politique, établi ses quartiers a cinq minutes de Los Pozos, lieu où s’était établi la table de discussions, pour orienter en temps réel les portes voix rebelles et suivre le pouls et la progression du débat autour de l’agenda convenu avec le gouvernement. Et Marulanda déchaine sa formidable dynamique. Il exige au président Pastrana de freiner les massacres du paramilitarisme d’Etat. Il est l’artifice de l’initiative des ateliers thématiques où s’écoutent les questionnements des divers secteurs sociaux du pays á la politique néolibérale. Il propose une indemnité de chômage, le temps qu’il soit nécessaire pour convenir les formules qui permettraient de le solutionner. Il est promoteur, durant les audiences publiques internationales, devant le corps diplomatique accrédité dans le pays, d’un plan de substitution des dénommées plantations illicites, a travers d’un projet de développement dirigé aux paysans cultivateurs et a leurs régions oubliées. Il dialogue avec les ouvriers, les étudiants, les paysans, les afro-colombiens, les indigènes, les femmes, les académiciens, les dirigeants politiques, avec le chef de la bourse de valeurs de New York, les entrepreneurs colombiens, avec la reine Noor de Jordanie, le président Pastrana, et avec tous ceux qui veulent écouter le point de vue des FARC autour du problème crucial de la guerre et la paix en Colombie. Il prit personnellement en main le thème de l’échange de prisonniers de guerre avec ce qu’il implique de défis et responsabilités, mais le gouvernement n’a jamais voulus entendre l’importance d’un accord dans ce champ, ni la qualité de son interlocuteur. Le gouvernement perdit l’opportunité historique d’impulser le processus quand les FARC, cherchant á générer des conditions propices, libérèrent unilatéralement 305 prisonniers de guerre en leur pouvoir.
Le président Pastrana voulait seulement gagner du temps pour renforcer sa machine de guerre, en consonance avec le South Command de l’armée des Etats Unis et suivant l’exécution du Plan Colombia qui avait déjà été dessiné par les aigles et stratèges du gouvernement de Washington. Il été évident qu’il n’avait aucune intention de produire des changements dans les injustes structures, ni améliorer les conditions de vie les colombiens. Marulanda était sûr que d’autre part, il cherchait des prétextes pour rompre le dialogue et reprendre la guerre qu’en effet il déclarât a partir du 20 février 2002.
Le Mouvement Bolivarien pour la Nouvelle Colombie
Des dialogues du Caguán, il est resté une proposition de combat politique pour le peuple : le Mouvement Bolivarien pour la Nouvelle Colombie, dont le lancement a eut lieu le 29 avril 2000. Ce jour là, San Vicente del Caguán s’est rempli de peuple. Trente mille âmes ont remplis l’ardente savane. Par les chemins, routes et rivières, le peuple apparaissait, en quête de l’espérance, en quête de Simón Bolívar, de ses pensées et de son épée, hommes et femmes assoiffés de justice et de dignité, disposés a s’organiser, a s’enrôler dans l’armée du peuple que forge le Libertador a son retour. Convaincus, avec le père de Notre Amérique qu’il n’y a pas de meilleur moyen d’atteindre la liberté que lutter pour elle.
Sur le scenario a ciel ouvert, sous le regard paternel du Libertador, ils étaient réunis, presque tous les intégrants de l’état Major Central des FARC, les portes-paroles insurgent des dialogues de paix, la commission thématique, les combattants guérilleros, le peuple travailleur et les blancs drapeaux, et les jaunes, bleus et rouges qui ondoyaient avec Bolívar, avec Manuel, avec le peuple au pouvoir.
Et il prît la parole, le légendaire Chef guérillero, le commandant Manuel : « Ce rassemblement sera historique en Colombie, pour le surgissement d’un nouveau mouvement où tous, sans distinction politique, de races ou de croyance, peuvent s’agrouper pour défendre leurs intérêts politiques, économiques et sociaux, avec la sécurité que nous sommes en train d’ouvrir la voie a une nouvelle démocratie… »
Et le commandant Alfonso Cano, á ce moment, chef du mouvement qui commençait à surgir depuis San Vicente, explique la proposition politique comme un instrument civil, ample, polyclassiste, orienté á la conquête du pouvoir, au resurgissement de la Colombie sous un nouvel ordre social plus juste, avec des Forces Armées Bolivariennes, garantes de la liberté, la souveraineté et des conquêtes sociales.
« le visage a moitié dissimulé du Libertador, Simón Bolívar qui fait partie de la présidence de cet acte et qui découvre son noble et profond regard – disait Alfonso Cano – signifie que le nouveau mouvement politique aurat un fonctionnement clandestin. L’amplitude des objectifs à conquérir n’occultent pas les dangers qui flottent sur son existence. Nous ne répéterons pas l’expérience de l’Union Patriotique, où l’héroïsme de ses intégrants et la générosité qui caractérisât son engagement, furent brutalement abattus par les forces armées officielles en costume civil, jusqu’á pratiquement le faire disparaitre ».
Le mouvement bolivarien grandit aujourd’hui dans la clandestinité, comme une alternative politique, comme un espace de rencontre et de lutte pour la Nouvelle Colombie, la Grande Patrie de Bolívar et le socialisme, la paix, la démocratie et le nouveau pouvoir.
Le droit Universel a la rébellion armée
Tant Manuel Marulanda, que son armée révolutionnaire, son la conséquence cohérentes de l’exercice d’un droit universel : celui qui oblige tous les peuples du monde al prendre les armes contre l’injustice et l’oppression. La déclaration universelle des droits de l’homme approuvée par l’ONU en 1948, consacre et légitime dans son préambule le droit a la rébellion. Indépendamment qu’il fasse partie d’un corpus normatif reconnu par les états, c’est un droit naturel. La légitimité de la rébellion, dérivée de la justice de ses actes, prévaut sur la légalité.
« L’insurrection est un acte légitime par nature – exprime le Libertador - : Elle annonce que si dans un Etat, il y a un pouvoir essentiellement pervers, l’homme-citoyen, saura trouver les moyens de le dériver ». C’est le droit que prît Manuel Marulanda Vélez. La légitimité de la résistance a la violence terroriste de l’Etat, la violence injuste des puissants, dans la situation concrète du contexte colombien, ne fait aucun doute. Le débat su l’actualité ou non de la lutte armée, intronisé par l’euphorie néolibérale il y a un quart de siècle, ne nous dévêle pas, car nous agissons avec l’assurance d’user d’un droit universel accepté par la raison, légitimé de plus, par l’altruisme et la soif de justice que renferme l’acte de rébellion.
Le maître de la guerre de guérillas mobiles
Marulanda fut original et authentique. Il suivit le chemin de sa propre pensée, de son propre raisonnement. En prenant les éléments de ses expériences accumulées, il a peu a peu élaboré une doctrine militaire insurgente qui a prouvé, sur le champ de bataille, son efficacité. Sans aucun doute, son étude des processus révolutionnaires a fortifié sa conception tactique y stratégique, mais son talent militaire et politique provient essentiellement de sa profonde analyse de l’opérativité ennemie, dont il extrait des conclusions qui se convertissent en directives, non seulement pour neutraliser l’effort adverse, sinon pour le dérouter sur le champ de bataille. En réalité, Marulanda fut un talentueux commandant rebelle, gradué avec honneurs á l’école de l’expérience.
Marquetalia, Riochiquito, El Pato, Guayabero, La Sonora, les opérations Centauro, Thanatos, Destructor I y II, le Plan Colombie, el Plan Patriote, furent ses académies dans l’art militaire.
Sa tactique est la Guerre de Guérillas Mobiles, dont la dynamique et la conception se fondent dans le secret, la mobilité et la surprise. Le Nouveau Mode d’Opérer est une adaptation aux changements de modalités opératives de l’ennemi. Son trait essentiel est l’action militaire permanente, mais aussi politique, c’est pourquoi il impose une nouvelle mentalité des commandants et des combattants et réclame efficacité dans l’accomplissement de leurs tâches. L’intelligence de combat est le facteur objectif générateur de la dynamique. Dans les mots de Marulanda, il s’agit d’exploiter les vulnérabilités de l’ennemi, de le frapper dans ses déplacements, hors de ses forteresses ; mais aussi dans ses forts et ses bases, avec de l’artillerie et la surprise, attaquer son dispositif de sécurité, lui quitter l’initiative et la tranquillité en le frappant en permanence, sans le laisser reposer. Cela exige, dit le stratège, des commandants préparés, qui suivent les plans et accomplissent leurs devoirs, disciplinés, prêts a tout donner pour la cause, sans aspirations personnelles, toujours en tête de leurs troupes en les formant et les éduquant. Manuel Marulanda est un concert de modes d’opérer, d’actions permanentes, soutenues, avec des objectifs principaux et alternes disponibles pour garantir l’attaque de toutes manières.
Pour le comandant Manuel, l’attaque a Marquetalia qui a donné origine aux FARC en 1964, fut toujours une référence pour l’analyse et la perspective militaire. La alors modalité opérative de l’ennemi fut la base pour établir comparativement l’évolution de la doctrine contre-insurgente appliquée actuellement par les stratèges du South Command des Etats Unis.
Marulanda face au Plan Patriote
En théorisant et échangeant sur le plan Patriote, Manuel Marulanda a saisi que son objectif était la déroute militaire de la guérilla, en utilisant tout le pouvoir de l’Etat, a niveau militaire, politique, économique, diplomatique et de propagande. Le Plan Patriote cherche á exterminer les chefs insurgents et dissuader le mécontentement sociale pour consolider la politique néolibérale et générer la sécurité des inverseurs. Sa modalité opérative est le déploiement en masse de la force, avec un grand pouvoir de feu, appui aérien, technologie militaire de pointe et information par satellites en temps réelle. Pour obtenir son propos, toute l’économie fut redirigée en fonction de la guerre et l’inversion sociale jetée aux poubelles de l’oublie. Les médias devaient se limiter á diffuser la version manipulée des faits. L’objectif final : obliger la guérilla á « négocier ».
Depuis l’opération Marquetalia, depuis Destructor II – note Marulanda -, les actions étaient dirigées par des officiers colombiens; a partir du Plan Patriote, la conduction est assumée directement par les officiers du South Command de l’armée des Etats Unis, pendant que les militaires colombiens passent a jouer un rôle secondaire comme subalternes. Toutes les forces: Infanterie, Marine, Aviation, paramilitaire et Police passent sous les ordres des militaires de Washington.
Cette observation de Marulanda est confirmée par les affirmations du général James T. Hill qui officiera comme chef maximum du South Command. « La plupart de nos actifs disponibles sont concentrés dans la bataille tactique en Colombie ». C’est pour cela que pullulent les conseillers militaires étrangers dans les principales bases et garnisons du pays et qu’il est annoncé l’installation de multiples bases militaires yanquis en territoire colombien. Le Plan Patriote, c’est la géopolitique de Washington prétendant, au milieu de la crise systémique du capital, assurer sa domination sur le continent.
Le Plan Patriote est la réponse au déploiement stratégique des FARC dans tout le territoire national, suivant son objectif de la prise de pouvoir avec l’appui des mases, par la voie politique ou militaire, selon les circonstances. La première phase est le déploiement de Divisions et Brigades dans un grand siège contre les bloques et les fronts des FARC. La seconde phase fut le resserrement du siège au milieu de nombreux combats, mouvement accompagné d’un sévère control des chemins, routes et rivières et de l’approvisionnement ; ce fut aussi destruction de l’appui des masses avec un blocus économique aux communautés, des massacres, des « faux positifs », des bombardements, des détentions massives, des disparitions, des incendies et la destruction des récoltes, pour motiver le déplacement forcé de la population. La troisième phase fut la pénétration dans la jungle avec la fantaisie de déloger la guérilla du terrain et de l’obliger á transiter par des zones contrôlées par l’armée pour ainsi la frapper depuis des positions favorables. 50% des troupes pénétraient a pied et le reste furent débarqués, pour des dizaines de missions, grâce a des héliports ouverts dans la profondeur de la jungle. Depuis ces nouvelles positions, après avoir aplané la route avec les bombardements de l’aviation et l’artillerie lourde, ils avancent en masse et avec un suffisant pouvoir de feu, structurés en lignes séparées d’une distance de 100 a 200 mètres, couvrant un front de jusqu'à 8 kilomètres et parfois plus.
La résistance des FARC au Plan Patriote est un hommage de poudre et de combat a Manuel Marulanda Vélez. Le changement de tactique est la complète mobilité. In memoriam, en un combatif hommage au commandant, les guérilleros reçoivent l’armée avec une tactique de guerre de guérillas mobiles. Les commandos apparaissent et disparaissent, attaquent par surprise. Ils planifient bien leurs mouvements et explorations. Ils localisent l’ennemi et quand celui-ci se met en mouvement, ils entrent en action. L’attaque par l’avant-garde, l’arrière-garde ou par les flancs et une combinaison létale d’activation de mines et de francs-tireurs. La mobilité permet á la guérilla de frapper l’ennemi à l’intérieur et a l’extérieur du champ d’opération.
Il est évident que l’insurgence a assimilé la nouvelle modalité opérative implémentée par le South Command. Au milieu de la confrontation et des bombardements, la guérilla des FARC n’a pas un instant arrêté, de réaliser ses écoles militaires, de pratiquer des chirurgies de guerre dans la jungle, de s’approvisionner de tout le nécessaire pour faire face aux exigences logistiques de la confrontation. Le Plan Patriote, n’a pas été un obstacle pour effectuer les nécessaires réunions d’états major, a tous les niveaux. Si n’importe lequel de ses commandants tombe en combat, il y a toujours une liste de cadres suppléants disponibles et tout aussi capables. La force des FARC vient de sa cohésion, de la clarté de ses principes et de l’appui de la population.
L’illusion de la victoire militaire, agitée pendant des dizaines d’années par l’Etat a été déroutée par la stratégie insurgente du peuple en arme marchant á son destin : la Nouvelle Colombie, la Grande Patrie de Bolívar et le socialisme.
La misère croissante, le déplacement forcé, les faux positifs, l’apparition jours après jours de grandes fosses communes, le chômage, le désintérêt pour la dette sociale, l’indignant abandon de la souveraineté de la patrie á faveur des Etats Unis, constituent une puissante bombe a retardement au point d’exploser. Le mécontentement social, conjugué avec l’action militaire de la guérilla, peut, comme l’affirme Manuel Marulanda, ouvrir les portes à un nouvel ordre, régi par la justice.
Dos a la réalité, l’oligarchie colombienne, ivre de triomphalisme, parle de fin de la fin de la guérilla, comme si le conflit pouvait se dissiper avec des incantations et des trucs de prestidigitation. L’autisme de la classe dominante ne lui permet pas de voir la défaite du complexe militaire-industriel en Irak et Afghanistan. Quoi que dise l’oligarchie au travers de ses usines de désinformation, en Colombie, le Plan Patriote du South Command de l’armée des Etats Unis n’a pas pu dérouter l’insurgence de Manuel.
La Plateforme Bolivarienne pour la Nouvelle Colombie
Dans la plateforme, ondoie la stratégie politique de Manuel. Dans son Manifeste de septembre 2007, les FARC ont soumis a considération du pays et de ses organisations politiques et sociales, la Plateforme Bolivarienne pour la Nouvelle Colombie, comme un apport á la discussion et á l’échange sur les bannières et le programme d’un nouveau gouvernement, de caractère patriotique, démocratique, bolivarien, jusqu'à arriver a un nouvel ordre social, compromis avec la solution politique du grave conflit que vie le pays.
Un nouveau gouvernement qui matérialise le projet politique et social du
Libertador, qui conforme une nouvelle Armée Bolivarienne pour la défense de la patrie et des garanties sociales. Un nouvel ordre édifié sur la démocratie et la souveraineté du peuple qui ajoute aux branches du pouvoir publique le pouvoir moral et l’électoral, qui instaure un congrès unicaméral et la révocation du mandat. Un nouveau système de gouvernement qui mette fin a la politique néolibérale, assume le contrôle des secteurs stratégiques et stimule la production dans toutes ses modalités, qui fasse respecter la souveraineté de la patrie sur les ressources naturelles et qui implémente des politiques efficaces de préservation du milieu.
Un gouvernement qui garantisse la gratuité de l’éducation a tout ses niveaux, qui instrumente la rédemption sociale et la justice agraire, qui renégocie les contrats préjudiciables pour la nation avec les transnationales, et déclare inviable les pactes militaires, traités et conventions qui lèsent la souveraineté de la patrie, un gouvernement qui n’extrade pas ses nationaux et qui objecte le paiement de la dette extérieure pour les prêts usuriers, sous toutes leurs formes.
Un gouvernement dont la devise, en politique internationale soit la Grande Patrie et le socialisme et qui propice l’intégration des peuples de Notre Amérique.
Manuel est toujours vivant
Manuel n’est pas mort. Celui qui a commandé la plus belle des batailles, celle de libérer sa patrie, de peut pas mourir. Un groupe de medias colombiens a diffusé, il y a peu, un reportage a travers de la National Géographic, intitulé « Tirofijo est mort ». Le titre, en lui même, est une clameur de l’oligarchie qui l’avait toujours perçu comme une menace a ses privilèges, car Manuel Marulanda avait fait siens les désirs de paix, de justice et de dignité de la majorité. La vie du fondateur légendaire des FARC ne représente pas la parabole du fracas des armes comme moyens de lutte politiques en Colombie, comme veulent le faire croire les promoteurs du reportage. C’est qu’il n’a jamais été possible de faire opposition d’autre manière, si la classe dominante a toujours prétendu avoir le monopole des armes et laisser le peuple sans défenses.
La justesse de la lutte de Manuel est irréfutable. Même les réalisateurs du reportage ont du reconnaitre que : « a Marulanda, on peut le diffamer, le détester, ou l’admirer, mais personne ne peut nier que c’est l’un des colombiens les plus importants de l’histoire récente du pays. Il n’y a pas eut de générales de la république, ni président qui ne se soit proposé de lui donner la mort ». 17 gouvernements successifs, avec leurs générales, ressources et moyens belliqueux, n’ont rien put faire contre lui. De Manuel Marulanda, dit le général Valencia Tovar : « il fut l’un des plus sagaces stratèges militaire, grâce à une intuition peu commune et un apprentissage systématique de l’expérience ».
L’orgueil des combattants des FARC est d’être un soldat de Manuel, de se sentir libérateurs sous ses bannières justicières d’indépendance et souveraineté, avec Bolívar, avec Jacobo, Efrain, Raúl, Iván, Jorge et la présence sacrée les compagnons qui sont tombés.
Manuel Marulanda, le guérillero homme d’Etat qui a conçu le projet de gouvernement alternatif ; qui a prévu, en anticipant les événements qu’en cas d’accéder au pouvoir par la voie des armas, l’Etat Major Central assumerait les fonctions du gouvernement national, les Bloques celles du gouvernement départementale, les Fronts, celles du gouvernement municipal, que les FARC prendraient la place de l’armée, mais aussi qui nous a donné son idée de comment intégrer un éventuel nouveau gouvernement surgit d’alliances politiques, vie dans les guérilleros qui bataillent pour ses rêves.
Impossible d’oublier son admirable campagne idéologique face á la chute du camp socialiste, quand il réunit les partis révolutionnaires du continent pour les inciter á unir de leurs efforts et réitérer leurs convictions dans le changement et la révolution.
In memoriam, nous continuerons fermes dans le sentier de la souveraineté politique qui a caractérisé les FARC sous ses ordres, en travaillant avec l’esprit ouvert, a la construction d’une alternative politique de paix, en recherchant l’approximation nécessaire avec les militaires patriotes et bolivariens, en vue de la solution politique et la reconstruction du pays.
La cohésion de l’Etat Major, commandant Manuel, est toujours l’une des plus importantes réussites des FARC. Ses directives, camarade, pour affronter victorieusement les vicissitudes des plans belliqueux de l’adversaire est un chemin bien marqué.
Le rapport militaire des FARC en 2010 présente les suivants résultats: pertes occasionnées aux forces publiques : 4371 / Hélicoptères avariés : 75 / Dérivés : 1 / Avions impactés : 20 / 2 bateaux et 11 embarcations artillées coulées par le feu.
Les FARC donnent vie à Manuel par leurs actions.
Dans une merveilleuse et justicière remémoration de Manuel Marulanda, le commandant Fidel Castro exprimât : « j’ai considéré et je considère encore que Marulanda fut l’un des plus remarquable guérillero colombien et latino-américain. Quand les noms de nombreux politiques médiocres seront oubliés, celui de Marulanda sera reconnu comme l’un des plus digne et ferme défenseur du bienêtre des paysans, des travailleurs et des pauvres d’Amérique Latine ».
En une occasion, Manuel Marulanda Vélez fut surpris par une question d’un étudiant de l’Ecole Nationale de Cadres González Acosta, sur ce que pourrait signifier sa mort éventuelle pour les FARC. En le regardant fixement, le commandant a répondu : « j’ai déjà fait ce que je devais faire, et ici je vois l’armée du peuple et ses commandants, formés pour continuer la lutte, au delà du triomphe ».
Depuis la jungle de Colombie, ses quartiers de toujours, Manuel illumine le chemin de la victoire.
Nous vaincrons.
Secrétariat de l’Etat Major Central des FARC
Jungle de Colombie, mars 2011